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Kizito Mihigo: «Pourquoi se haïr entre rwandais???»

Nous avons la même culture, la même langue, la même religion, le même territoire etc.. Pourquoi se haïr entre rwandais jusqu'à un génocide??? C'est tout simplement absurde et bête. On peut être fier d'être rwandais, mais hutu ou tutsi n'est pas une fierté

17 juin 2008

CE QUE VOUS DEVRIEZ M'APPELER

KizitoMon nom est MIHIGO, mon prenom est Kizito; Je suis homme; Je suis chrétien; Je suis rwandais, je suis artiste: organiste, chanteur, auteur et compositeur.

Voilà ce que j'aimerais porter comme noms, et non pas svp, tutsi ou hutu. Ces noms bizarres et sans importances, inventés juste pour que nous trouvions les différences, ces pseudos créés sans doute pour diviser mon peuple, ces mots qui eux-mêmes dans leur étymologie et dans leur écriture sont assez moches, ces banalités qui finalement sont devenus fiertés de ceux qui aiment assumer leurs erreurs, ceux de leurs parents ou grands parents; ces immoralités "impatriotes" et surtout inhumaines; ces existences abstraites dont tous les jours les savants cherchent à trouver l'origine pour mieux enraciner la haine qui humainement habite nos âmes, ces appellations inutiles ne me donnent pas du tout la fierté, ni celle d'être rwandais, ni celle d'être homme, mais elles me donnent plutôt envie de vomir.

Les flamands et les wallons en Belgique, ne se sont jamais génocidés, pourtant ils sont beaucoup moins proches que nous, et ils ont sans doute moins de point communs, que cela soit historiquement, culturellement, ou religieusement. Voilà les meilleures et vrais ethnies

Les Américains n'ont pas de problème pour vivre ensemble, bien que leurs enceintes viennent de partout dans le monde.

Que signifie et d'où vient une haine aussi arrogante dans le cœur d'un petit rwandais? Cela signifie peut être la pauvreté. Les pauvres qui essayent de partager leur petit rien, et qui n'y trouve que la jalousie (Abasangiye ubusa bitana ibisambo); Cela signifie peut être aussi notre ignorance et notre niveau intellectuel et moral peut être pas très élevé.

Mais;

Pourquoi nous n'en avons pas honte? Pourquoi cette volonté de rester coincés dans nos faiblesses humaines? Pourquoi chercher à tout prix la raison d'être séparés? Pourquoi ne jamais avoir le courage d'encourager au moins ceux qui aiment notre pays, et qui travaillent pour lui d'arrache pieds, mais pourtant avoir toujours le courage de soutenir ceux qui ont la volonté de menacer, détruire et diviser notre peuple? A quel moment nous espèrerons trouver la confiance d'une vie saine de nos enfants et petits enfants, si nous continuons à transmettre notre haine de générations en générations?

Ces histoires de vengeances mutuelles et infinies, de malhonnêteté, d'orgueil, de jalousie et surtout de gourmandises, quand s'arrêteront-elles? Et qui, à votre avis va les arrêter? Qui d'autre à part moi, à part toi enfant du Rwanda dans ton milieu amical, amoureux, religieux, culturel, académique, politique ou autres, qui d'autre arretera la haine dans notre pays, à part toi le père des enfants qui seront présidents et ministres du Rwanda de demain? Qui d'autre arrêtera la haine dans notre peuple, si ce n'est pas toi l'artiste qui chantes et qui es écouté par tout le monde et surtout par la jeunesse? Qui d'autre arrêtera la haine, si ce n'est pas toi le Journaliste qui est lu tous les matins et tous les soirs? Qui d'autre aimera notre pays, si chacun de ses enfants s'en fout?

Je n'aime pas quand on parle l'Amour et que chacun se sent concernant mais jamais concerné. Je n'aime pas quand on accuse l'Église de Dieu d'avoir eu le rôle de semer la haine au Rwanda, (du grand n'importe quoi) et que certains rwandais soutiennent cet argument absurde, alors que presque tous ont toujours été membres de cet Église; Ils pensent que c'est le Pape qui constitue l'Église, ou ils pensent que les évêques qui se sont diaboliquement comportés étaient notre foi. Mon Dieu; Je croyais qu'on avait compris ce qu'est notre foi. Je croyais qu'on savait tous, qu'on avait été baptisés au nom de Jésus et non pas au nom de qui que ce soit.

Je n'aime pas quand les rwandais disent: "Les hutus nous haïssent" ou "les tutsis nous haïssent" et que personne ne fait rien d'autre à part monologuer.

Je n'aime pas quand nous prenons tout notre temps pour s'assoir dans les cafés, et chercher à tout prix ce qu'on peut dire de mal à propos des gens qui essayent de faire quelque chose pour le pays.

Que fais-tu toi étudiant en France ou en Belgique au milieu des européens pour mieux informer et mieux publier la vérité du rwandais d'hier, d'aujourd'hui et de demain, et non pas du tutsi ou hutu? Que chantes-tu, toi musicien bien aimé du publique international, pour servir tes parents et accomplir le devoir d'amour de ton prochain dont ils ont toujours été partisans? Combien de ton temps donnes-tu à ton pays, à tes parents, à tes frères et sœurs, combien de temps donnons-nous à Dieu (A l'Amour)

Visitez aussi www.ndibukankemera.afrikblog.com et www.artistesdedieu.afrikblog.com

Posté par ndibaza à 18:37 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

La haine, expression du défaut d'intropection et de la négation de l'Autre.

Merci KIZITO pour ton zèle d'écrire et de dire ce que tu penses de ton pays. Tu es un homme qui a atteint un certain niveau de connaissance et de compréhension. Réfléchir aujourd'hui en termes de haine, de négation de l'Autre suppose notre défaillance à aller encore de l'avant dans le processus de la reconstruction de notre chère patrie lésée pas les malheurs inqualifiables de tout bord. C'est bien de saisir à bras le corps ce problème de la haine inter - rwandais. D'où, en fait, vient ce Démon de tout le temps qui n'admet pas que chaque rwandais entre dans la rencontre personnelle avec soi même avant de rencontrer l'Autre? Ne commettons pas souvent une impardonnable erreur qui risque de nous coûter cher lorsque nous réfléchissons en terme ethnique ou tribaliste? Le rwandais d'aujourd'hui ne peut-il pas dépasser les égoismes personnels et cesser d'être prisonnier de ses banalités et réflechir en termes de durabilité d'être un simple prisonnier de son identité ethnique? Et quelle est la responsabilité relationnelle du type je/soi d'abord et ensuite du type je/tu? Si, nous passons le templs à nous nier les uns les autres au lien de nier de commun coeur la pauvreté qui nous divise et rebâtir la Nation?... N'y a -t-il pas mieux pour nous que la haine? Et ce que l'Autre de différent que nous, est vraiment une véritable ménace pour notre existence ou une chance pour saisir notre altérité dont il est le seul réflet?...Je crois qu'il ya un chemin encore à parcourir. De toutes les façons, je suis très fier de ton point de vue et sois sûr que sur ce chemin de la lutte contre la haine nombruex jeunes t'y accompagnent. Souvent nous ne voyons pas clair de tout ce qui nous est arrivé mais nous endossons les conséquences. Ne pourrions - nous pas léguer à nos enfants de demain un pays où la haine est à bânir et où la paix, le développement durables sont à louanger?
C'est fort possible! Mais, faudra - t-il pardonner et oublier le passé? Je ne le pense pas.L'histoire nous condamnerait au plus haut de son tribunal, et on aborderait le futur avec du recul qu'avec du courage, ce qu'il n'est pas à saouhaiter. Il faudra faire le sien cette réflexion d'un célèbre écrivain moderne Paul Ricoeur d'après laquelle "Pardonner, ce n'est pas oublier.Mais, c'est reprendre le passé en le purifiant". L'avenir de notre pays dépendra, en tout temps et en tout lieu, de la mémoire que nous ferons de notre propre passé. Si triste soit-il, il est le nôtre et on est en aucun droit de le nier. Dans l'espoir que "Demain est plus meilleur'' comme chante MASAMBA, accrochons -nous encore et ce sans relâche, à notre histoire qui nous appartient. Son passé est triste et n'est enviable pour aucun peule, mais ce fassé nous interpelle pour regarder en avant et ressaisir les erreurs de nos parents, de nos ancêtres que nous voudrions pas léguer à nos enfants de demain.

Merci beaucoup pour tes messages réconciliants, tu apportes à ta façon ta pierre à l'édifice d'une Nation que l'on croyait aller disparître de par la nature méchante de l'Homme. Ce qu'il nous reste, c'est la Foi en un Dieu de nos Pères comme l'écrit Bernardin MUZUNGU, et nous sentir concernés par notre propre histoire, c'est la meilleure des choses qui puisse nous impliquer.

Pour une fois de plus, tu rayonnes d'une toile d'unité et de la paix.Dieu t'a créé pour ce rôle, n'oublies jamais alors qui tu es: un rwandais conscient et fier de ce qu'il est, et non pas un rwandais enfermé dans les spécificités réductionnistes!

Il me sera d'un très insigne honneur de te voir réagir à ce comentaire.
Ton compatriote,
NTAHOBARI MUGISHA Noel.

Posté par NTAHOBARI Noel, 29 février 2008 à 14:51

Merci

Merci Monsieur Mihigo pour votre message empli de sagesse, un tel message apporte en soi un baume au coeur des Rwandais. C'est le plus beau message que j'avais lu à ce jour, sur ce que doit être un Rwandais qui aime le Rwanda. Votre message indique clairement que les valeurs que vous prônez ne sont pas juste des slogans. Lorsque ces valeurs de paix et d'amour sont bien ancrées, l'on trouve la force de s'y accrocher jour après jour quelque soient les temps et les saisons que nous traversons.
Signé: Une Rwandaise, artiste-peintre, consultante, écrivain etc.
Que Dieu vous bénisse,
Sylvie Ndahimana

Posté par Sylvie, 09 décembre 2008 à 17:18

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